back

textes

Vivre autrement

Ou le thème d’un habitat dédié à une population ciblée. Dans ce cas, le terme « Habiter » prend un sens très différent de celui communément admis pour une opération de résidence familiale. Une résidence de personnes âgées, de travailleurs immigrés ou d’étudiants met en jeu d’autres ressorts que la simple cohabitation de cellules familiales. La notion de « vie commune », ou tout au moins d’espaces communs, devient très vite essentielle pour la réussite de l’opération.

L’économie liée à ce type d’opération a pour principale conséquence de proposer des successions d’espaces relativement étroits, appelés chambres, unités ou « cellules », et dédiés à la stricte intimité des personnes.

20 m2 pour vivre : 1 lit, une petite kitchenette, une minuscule salle de bain, une chaise, un bureau et une armoire 60×60. Des chambres s’organisant de part et d’autre d’un couloir faiblement éclairé et se superposant dans un strict respect du plan d’étage courant ; des parties communes réduites au strict nécessaire en rez-de-chaussée ; une architecture rationnelle ne souffrant aucune fantaisie ; des moyens minimums pour entretenir le bâtiment… Ceci expliquant cela…
Voilà, le portait dressé d’une résidence étudiante ou d’un foyer social sur le territoire français.

Persuadés qu’il est vital de proposer d’autres solutions, nous réfléchissons à comment offrir davantage de qualité de vie aux résidents, tout en respectant une équation financière très ajustée ; à comment conjuguer efficacement le respect de la vie intime et la possibilité de sociabilité offert par des espaces partagés. Si la convivialité ne se décrète pas, il convient toutefois d’organiser des lieux permettant à celle-ci de se développer ; faute de quoi, la solitude et l’isolement gagnent du terrain dans notre société, déjà très fortement centrée sur l’individu.

Couverture du cahier Vivre autrement